LA SOLUTION EN QUELQUES MOTS

Workplace est la version professionnelle du réseau social Facebook. Dissociée de celui-ci, chaque utilisateur se voit créer un nouveau profil professionnel. Il entre alors dans un environnement fermé : chaque entreprise possède son propre espace (seuls les collaborateurs de l’entreprise y sont présents).

Le squelette de Workplace correspond à  97% du code Facebook grand public. La plateforme conserve la même interface d’utilisation ainsi que les mêmes fonctionnalités relationnelles (profils, suivi de collègues) et conversationnelles (groupes, posts, like, commentaires…). Seule la couleur dominante change, le bleu a fait place au gris. Les utilisateurs peuvent donc rapidement prendre en main l’outil. On retrouve le fil d’actualité sur la page d’accueil, la possibilité de créer des groupes privés et publics, un chat intégré avec option vidéo, la possibilité de diffuser des vidéos en live ou de créer des évènements. Dès lors, Workplace se positionne comme un outil de communication interne. La fonctionnalité traduction est également présente pour les entreprises internationales.  

Toutes ces fonctionnalités sont également disponibles sur la version mobile de l’application. Cependant, pour la fonctionnalité chat, comme dans notre sphère personnelle avec Messenger, une deuxième application doit être installée, Work Chat. L’application possède un moteur de recherche sur toutes les conversations et groupes ce qui facilite la recherche d’information. Workplace possède un outil d’analytics à destination des administrateurs mais celui-ci reste basique : peu de datas disponibles, pas d’export possible et une vue restreinte à la semaine passée. Un résumé de l’activité hebdomadaire peut être reçu par mail par les administrateurs d’une instance.

Concernant les données, Workplace revendique le fait que chaque entreprise détient, avec la possibilité de les modifier, les exporter ou les supprimer.

STRATÉGIE ET POSITIONNEMENT DE L’ÉDITEUR

Après un engouement sans précédent lors d’un bêta test privé auprès de 1 000 grandes entreprises (sous le nom de “Facebook at Work”), Workplace est entré dans l’arène déjà dense le 10 octobre 2016, avec une stratégie claire : connecter le monde professionnel et répliquer la démarche capitalisée dans le grand public, en exploitant la puissance de la marque et le caractère incontournable de Facebook dans nos usages. Certains s’attendaient à la gratuité du service. Au final, Facebook propose une tarification plutôt attractive, à l’activité : 3$ / mois / utilisateur actif (jusqu’à 1 000 utilisateurs), 2$ / mois / utilisateur actif (de 1 001 à 10 000 utilisateurs), 1$ / mois / utilisateur actif (au-delà de 10 000 utilisateurs). La distribution se fait en mode SaaS uniquement. En France, Danone et Renault Retail Group, notamment, l’utilisent. Force de la marque, facilité de prise en main, solidité au niveau de l’infrastructure et de la performance, tarifs attractifs… Si Workplace by Facebook n’est pas une révolution fonctionnelle sur ce marché, nul doute qu’elle aura un certain succès auprès de nombreuses entreprises, au moins au démarrage et pour l’atteinte du pic de curiosité. Le challenge à relever par Facebook sera alors de fidéliser, de solidifier les usages et de transformer durablement les pratiques. Pour ce faire, Workplace devra en premier lieu s’ouvrir au reste du Système d’Information. Une plateforme de custom integration sera lancée en 2017, Facebook ayant déjà travaillé avec des entreprises sur des connecteurs spécifiques. Des connecteurs sur étagère (Office 365, G Suite, Salesforce, Box…) seront disponibles. Facebook travaillera à fluidifier les échanges inter-entreprises (y compris avec celles non utilisatrices de Workplace). Les usages de productivité (en s’appuyant sur WorkChat, l’intelligence artificielle ?) seront à équiper pour porter la plateforme plus loin.

DÉTAIL DE L‘ANALYSE PAR FAMILLES D’USAGES