LA SOLUTION EN QUELQUES MOTS

IBM, acteur majeur historique sur le marché de la collaboration sociale, commercialise depuis près de dix ans sa plateforme IBM Connections, initialement créée pour gérer des contenus issus de l’univers IBM et de ses applications. La plateforme visait principalement à outiller des besoins de portails intranet, de partage d’information d’entreprise et de travail autour du document.

Historiquement axé sur le On-Premise (toujours fortement vendu), le déploiement de briques de façon individuelle et l’intégration spécifique, IBM commercialise désormais de nouvelles offres cloud se voulant packagées. IBM Connections Cloud comporte ainsi le courrier électronique et la gestion d’agenda (via Verse, disponible en standalone), la messagerie instantanée (Sametime), le service de réunions en ligne (Cloud Meetings, disponible en standalone), le partage de fichiers (Connections Docs / Files), les communautés de partage d’information et de travail collaboratif (Connections). Malgré une rationalisation des offres, les déploiements d’IBM Connections nécessitent encore un travail important de paramétrage pour adresser la cible escomptée. Plus que s’enrichir fonctionnellement, IBM Connections Cloud vise à s’ouvrir de plus en plus (via connecteurs, APIs) et à tirer profit de son moteur cognitif, Watson.

STRATÉGIE ET POSITIONNEMENT DE L’ÉDITEUR

Après la course à la fonctionnalité entre 2008 et 2013, le rythme des évolutions concernant IBM Connections a très fortement ralenti, ce qui a permis à ses principaux concurrents Microsoft Office 365 et Google G Suite de prendre une certaine avance sur le marché de la collaboration sociale. IBM Connections Cloud reste compétitif (10€ / mois / utilisateur pour la version décrite). Même si l’éditeur a beaucoup travaillé à la formalisation de son offre pour la rendre plus lisible et plus riche (avec des produits comme Verse), ce n’est pas le collaboratif qui oriente la stratégie d’IBM, mais l’intelligence artificielle et les systèmes cognitifs, matérialisés par le nom “Watson”. L’objectif premier est de construire des intelligences artificielles pour des usages B2C ou B2B. Les mises en pratique concernant la transformation numérique interne restent embryonnaires. Ces premières applications portent sur Verse (exemples : transformer un email en rendez-vous par analyse du contenu, suggestions de mots par analyse de sentiments…).

De nouveaux produits devraient voir le jour en 2017 : c’est le cas du portail Orient Me (page personnelle de digestion de son information) et Toscana / Workspace (comme Slack ou Microsoft Teams). Bien que fort intéressants, ces produits ont été annoncés en 2015 et tardent à être lancés. L’éditeur prend du retard sur le segment de la productivité. Plutôt que d’enrichir son offre à travers une course à la fonctionnalité, IBM privilégie des rapprochements (avec Slack, pour y intégrer Watson) et des partenariats (avec Box, et Cisco). Une stratégie intéressante mais complexifiant l’appréhension de la roadmap collaborative de l’éditeur, qui est tributaire de la stratégie autour de Watson.

LES NOUVEAUTÉS 2016

IBM a principalement travaillé à la lisibilité de son offre et de son packaging. Du côté des fonctionnalités, nous noterons la mise en production de Verse en mode Off-line, l’audio et la vidéo supportés dans les chats (Sametime) et les réunions (Cloud Meetings), l’édition des documents bureautiques depuis un périphérique mobile, les outils de migration depuis Notes et Exchange. IBM a également lancé un connecteur avec Box.

DÉTAIL DE L‘ANALYSE PAR FAMILLES D’USAGES